lundi 18 mai 2009

Qu’est-ce que la macroéconomie ?

La macroéconomie est une méthode de raisonnement qui se rattache à l'analyse économique. Son objectif est d'étudier le niveau de l'activité économique d'un point de vue global (macro signifie grand en grec). Son objet d'étude est les agrégats, c'est-à-dire des quantités globales relativement homogènes telles que le revenu national, le niveau des prix, la consommation des ménages, l'investissement des firmes, les dépenses et les recettes publiques ou les échanges extérieurs. Elle permet de comprendre le comportement économique d'unités de bases (celles de la comptabilité nationale) : les ménages, les entreprises, les administrations. Il s'agit donc d'un moyen d'appréhender de manière globale l'ensemble des acteurs d'une économie nationale ou d'un ensemble de nations.

La macroéconomie étudie quatre phénomènes principaux : le chômage, l'inflation, la croissance et les politiques macroéconomiques.

Le Bureau International du Travail définit considère comme chômeur toute personne qui satisfait les quatre critères suivants : être en âge de travailler ; être sans travail (travailler une heure au cours de la semaine revient à ne pas être considéré comme chômeur ; être disponible (être en mesure d'accepter toute opportunité d'emploi qui se présente dans les quinze jours) ; être en recherche active d'un emploi (ou en avoir trouvé un qui commence ultérieurement). Cette définition est pratique car elle est internationalement reconnue, elle permet donc les comparaisons. Cependant une autre mesure du chômage est disponible en France, il s'agit du DEFM (Demandes d'Emploi en Fin de Mois). Elle est prise mensuellement par l'ANPE (la principale différence avec la définition du BIT est qu'elle considère comme chômeur toute personne ayant travaillé moins de 78 heures dans le mois). Au-delà de ces définitions, la question essentielle à propos du chômage est de déterminer s'il est ou non volontaire. Le chômage volontaire désigne l'ensemble des agents qui ont choisi de ne pas travailler. Le chômage involontaire renvoie à tous les individus qui n'ont pas trouvé à s'employer au salaire courant (c'est-à-dire au salaire touché par ceux qui ont un emploi). Cette distinction est importante car elle conditionne les politiques économiques à mettre en œuvre pour résorber les formes particulières d'inactivité économique.

L'inflation est une hausse du niveau général des prix. Au sens strict, un phénomène d'inflation est constaté dès qu'apparaît une augmentation des prix, aussi faible et courte soit-elle. Cependant pour les économistes, l'idée d'inflation est associée à une hausse des prix relativement importante et cumulative, dont l'appréciation est assez subjective. L'inflation est mesurée au moyen de l'indice des prix à la consommation. Cet indice synthétique décrit l'évolution du prix moyen des biens et des services proposés aux consommateurs sur l'ensemble du territoire national (à l'exclusion de quelques uns). Pour rendre compte de l'importance de chaque composante dans le résultat total de l'indice, elles sont pondérées en fonction de leur part représentative dans la consommation des ménages. Le taux d'inflation que permet de mesurer cet indice des prix désigne la variation de l'indice des prix d'une année sur l'autre. Il existe également d'autres mouvements du niveau général des prix : la désinflation correspond à une réduction du rythme d'augmentation des prix et la déflation correspond à une baisse du niveau général des prix lors des périodes de crise.

La croissance économique désigne l'augmentation du volume des biens et services produits et échangés au cours d'une année dans un pays ou un groupe de pays. La croissance de la production annuelle brute est un objectif fondamental pour un Etat car elle permet d'une part, d'obtenir une augmentation du niveau de vie par tête lorsque la croissance de la production est supérieure à la croissance de la population, et d'autre part, de créer des emplois. Cette croissance se mesure au moyen du Produit Intérieur Brut (PIB) ou du Produit National Brut (PNB). Le PIB se calcule en cumulant la valeur de tous les biens et services produits à l'intérieur du pays et destiné à un usage final (consommation, investissement, exportations nettes des importations). Cela signifie qu'on raisonne en termes de valeur ajoutée (on ne tient pas compte des consommations intermédiaires, c'est-à-dire détruits ou transformés par les producteurs dans le processus de production). Quant au PNB, il se calcule en réalisant la somme de la valeur ajoutée intérieure et extérieure attribuable aux facteurs de production possédés par les agents nationaux. Pour pouvoir effectuer des comparaisons significatives, les indicateurs de production annuelle sont ajustés en fonction du niveau général des prix : le PIB avant ajustement est le PIB nominal, après ajustement on parle du PIB réel (ce sont les chiffres du PIB corrigés de l'inflation, ce qui permet d'avoir une idée plus exacte de la production annuelle d'une économie). Pour trouver le PIB réel, il suffit de diviser le PIB nominal par le niveau des prix. On parle de booms lorsque le PIB réel est croissant et de récession lorsqu'il est décroissant (pendant au moins deux trimestres consécutifs). Si l'on une récession sévère, on parle alors de dépressions (cf. la Grande Dépression de 1929). Ces fluctuations de l'activité économique ont conduit les économistes à parler de cycles économiques. Un cycle se compose d'une phase générale d'expansion suivie d'une phase générale de récession, puis d'une phase de reprise qui ouvre un nouveau cycle. Dans la réalité, la régularité du cycle reste néanmoins difficile à prévoir : même si l'on constate dans l'économie des phases de récessions de manière récurrente, il est impossible de déterminer en probabilité la survenue de ces phases.

Les politiques macroéconomiques renvoient aux façons dont l'Etat peut intervenir pour infléchir la conjoncture (évolution du chômage, de la production, du niveau des prix). Il dispose pour cela de deux instruments : la politique budgétaire et la politique monétaire. La politique budgétaire désigne les recettes (impôts et taxes) et les dépenses (salaires, équipements, subventions) qu'il verse. La politique monétaire renvoie au contrôle de la masse de monnaie en circulation. L'opinion des économistes sur l'efficacité de ces politiques divergent. Pour simplifier, on peut distinguer deux courants : les interventionnistes (dirigistes) et les non-interventionnistes (non-dirigistes). Les interventionnistes se réfèrent à Keynes, ils sont favorables à l'intervention de l'Etat. Ils estiment que les marchés s'équilibrent de manière trop lente, ce qui doit entraîner une compensation par la mise en place de politiques publiques en vue d'aider l'économie à retrouver un niveau de plein-emploi. Les non-interventionnistes sont partisans d'une intervention minimale de l'Etat, ils se réfèrent aux courants néo-classiques, libéraux ou néo-libéraux. Ils font confiance davantage au marché qu'à l'Etat dans la mesure où ils estiment que l'économie peut s'ajuster rapidement et efficacement aux perturbations du moment que les marchés fonctionnent bien. Sur un plan macroéconomique, il faut retenir que les approches macroéconomiques néo-classiques propres aux monétaristes condamnents les politiques macroéconomiques actives, tandis que les approches keynésiennes légitiment ces politiques et en spécifient le contenu.

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