vendredi 18 septembre 2009

Les indicateurs de croissance économique

Le principal indicateur de développement est le Produit Intérieur Brut (PIB). Indicateur fréquemment utilisé pour évaluer l’activité économique d’un pays, il mesure le niveau de production de biens et services à l’intérieur d’un territoire national par l’ensemble des agents (ménages, entreprises, administrations) quelque soit leur origine. Afin d'éviter que la même production entre plusieurs fois dans le calcul, le PIB ne prend en compte que les biens finaux, c'est-à-dire les biens et services de consommation et les biens d'équipement, et exclut les biens intermédiaires de production (on déduit les consommations intermédiaires des consommations totales des agents, par exemple : on déduit la consommation de blé servant à fabriquer le pain de la consommation totale de pain. Outre le PIB, on utilise le PIB par habitant, pour donner une indication du niveau de vie moyen des individus. La croissance économique est mesurée au moyen de la variation du PIB d’une année à l’autre.

Dans les années d’abondance des Trente glorieuses, le PIB est analysé comme le meilleur révélateur de la puissance économique d’un pays, mais aussi amalgamé avec un indicateur de richesses et de bien-être. Suite à la prise de conscience écologique et à la crise économique de 2009, le sentiment de l’insuffisance du PIB pour mesurer la qualité du développement d’un pays amène les économistes à proposer des indicateurs alternatifs. Nous nous bornerons à présenter les quatre principaux : l’indice de développement humain (IDH), l’empreinte écologique de l’humanité, le baromètre des inégalités et de la pauvreté (BIP 40) et l’indice de santé sociale (ISS).

L’IDH a été mis au point en 1990 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) sous l’inspiration du prix Nobel de l’économie 1998 : Amartya Sen. En agrégeant au PIB par habitant des données sur la santé et l’éducation, il permet d’apprécier l’amélioration de la qualité de vie plutôt que la simple augmentation du revenu national comme le fait le PIB. Il prend en compte trois données supplémentaires : la santé (mesurée par l'espérance de vie à la naissance), le niveau d'éducation (mesuré par le taux d'alphabétisation des adultes et le taux de scolarisation) et le niveau de vie (mesuré par le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat – la croissance du revenu étant pondérée par l’augmentation du prix d’un panier de biens). Comparé au PIB, l’IDH met en avant de nombreuses différences entre les pays : les Etats-Unis, pays le plus fortuné en PIB par habitant après le Luxembourg, arrive au 12ème rang. Le pays où l’IDH est le plus élevé en 2005 est l'Islande, suivi de la Norvège et de l’Australie. La France arrive en 10ème position.

L’empreinte écologique de l’humanité est un indicateur développé par le World Wide Fund for Nature (WWF). Il convertit nos modes de vie en surfaces (hectares) consommées et démontre que si chacun vivait comme un Américain, quatre planètes ne suffiraient pas. Soulignons que l’humanité a dépassé les capacités de régénération de la planète au milieu des années 1980, et qu’elle a pour vivre à présent besoin de davantage de surface que ce que la planète terre peut lui offrir.

Le BIP 40 imite ironiquement l’indice boursier du CAC 40 qui réunit la cotation des quarante meilleures entreprises françaises sur les marchés boursiers. Il mesure le nombre de pauvre en France par l’agrégation de données sur le travail, le revenu, le logement, l’éducation, la santé et la justice. Il démontre de 1980 à 2004 une hausse de la pauvreté. Il a été créé en 2002 par une équipe de militants syndicalistes, économistes et statisticiens. Si la méthode de calcul se trouve contestée par l’INSEE (notamment la méthode de construction du baromètre qui agrège et pondère une série d’indicateurs en manquant de rigueur – à titre d'exemple, le recalcul de l'indice sans tenir compte de la dimension justice permet de conclure que les inégalités et la pauvreté ont légèrement reculé depuis 1990), elle ouvre le débat sur la mesure de la pauvreté qui n’est actuellement pas prise en compte, ce qu’un principe de symétrie appliqué au PIB rendrait nécessaire (on mesure la richesse donc aussi la pauvreté).

Enfin, l’ISS aux Etats-Unis se calcule à partir de l’agrégation de 16 données dont les délits violents, l'accès au logement ou les inégalités de revenu. Publié en 1996, l’ISS a engendré une vive polémique. En le comparant au PIB, on constate en effet un net décrochage entre la progression de la richesse et celle du bien-être social aux Etats-Unis, ce dernier étant en baisse constante depuis 1969 alors que le PIB continue de s’accroître.

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