mercredi 17 février 2010

Le produit intérieur brut

Le produit intérieur brut (PIB) désigne l'ensemble de la production réalisée dans un pays. Il sert d'indicateur de la richesse créée et permet d'apprécier les performances d'une économie. Le PIB se calcule généralement sur une année. Il peut être exprimé soit en valeur (c'est-à-dire en unités monétaires courantes – on parle de PIB nominal), soit en volume (c'est-à-dire en unités monétaires déflatées, prenant en compte l'inflation – on parle de PIB réel).

Du fait de l'équilibre des emplois et des ressources, le PIB peut être décomposé de trois points de vue possibles : la production, les revenus ou la demande. Ces trois points de vue sont autant de manières différentes de calculer le PIB. L'approche par la production montre que le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées (valeur de la production – ce qu'il faut pour l'obtenir) et des impôts sur les produits, diminuée des subventions. L'approche par les revenus montre que le PIB est égal à la somme des salaires, de l'excédent brut d'exploitation (profit brut des entreprises : c'est-à-dire la valeur ajoutée diminuée des salaires et des impôts), du revenu mixte brut, des impôts, diminuée des subventions. Enfin, l'approche par la demande montre que le PIB est égal à la somme de la consommation finale, de la formation brute de capital fixe, de la variation de stocks et des exportations, diminuée des importations.

Le PIB par habitant permet d'appréhender la quantité de biens et services disponibles pour un individu au sein d'une économie. Il donne un indice du niveau de vie de la population, mais pas de la puissance économique (le PIB par habitant est plus élevé en Norvège qu'au Royaume-Uni, pourtant son poids économique est largement moindre). Pour rendre plus aisées les comparaisons, il est important que la mesure du PIB tienne compte du coût de la vie dans un pays, c'est pourquoi on l'exprime en parité de pouvoir d'achat (PPA). Le pouvoir d'achat d'une monnaie dépend en effet du niveau général des prix. La PPA permet de mesurer ce qu'une devise permet d'acheter comme biens et services dans les pays que l'on compare.

La croissance du PIB fonde la puissance économique d'une nation. L'un des moteurs de la croissance économique, le progrès technique, implique une avance technologique qui dans le cas des Etats-Unis se combine avec une domination militaire. Cette puissance lui permet d'influencer les règles du jeu international en matière monétaire, financière et commerciale. L'émission du dollar qui sert de monnaie internationale permet aux Etats-Unis d'accumuler les déficits courants, d'abaisser davantage les taux d'intérêts et de ne pas se préoccuper des problèmes de change.


PIB réel en 2009 (mds de $)

PIB en PPA en 2009 (mds de $)

PIB par habitant en 2009 (en $)

Croissance du PIB en 2009

UE 27

15 990

14 520

32 700

-4%

Etats-Unis

14 270

14 250

46 400

-2,4%

Japon

5 049

4 141

32 600

-5,7%

Chine

4 758

8 767

6 500

8,4%

Allemagne

3 235

2 812

34 200

-5%

Royaume-Uni

2 198

2 165

35 400

-4,3%

France

2 635

2 113

32 800

-2,2%

Ce tableau montre l'importance de la puissance économique américaine qui avec un PIB de 14 270 mds de $ représente le quart du PIB mondial. Seule l'Union européenne à 27 est capable de rivaliser avec cette super puissance, mais elle peine encore à se doter d'un véritable leadership politique sur la scène internationale. La Chine impressionne par le taux de croissance de son PIB qui atteint 8,4% en 2009 alors que tous les autres pays connaissent la récession à cause de la crise de 2007. Le PIB par habitant montre néanmoins que la répartition par tête du PIB reste encore largement en dessous des pays occidentaux. En revanche, le contraste entre le PIB réel et le PIB en PPA traduit la faiblesse du yuan par rapport au dollar. Compte tenu du faible niveau de développement de la Chine, le pouvoir d'achat d'un dollar en Chine est deux fois supérieur à ce qu'il est aux Etats-Unis. Le PIB en PPA permet ainsi d'intégrer la sous évaluation du yuan et fait de la Chine sur cette base la deuxième puissance économique mondiale, loin devant le Japon.

A court terme, l'un des objectifs de la puissance publique est de parvenir à ce que la croissance effective de l'économie soit égale à sa croissance potentielle. La croissance potentielle est la croissance qui correspond à l'utilisation complète des capacités de production.

A long terme, les politiques structurelles doivent permettre de dynamiser le potentiel de croissance de l'économie. Dans « Technical Change and the Aggregate Production Function » (1957), Solow considère que la population et le progrès technique sont les deux moteurs exogènes de la croissance. Cette théorie de la croissance exogène ou modèle de Solow est modifiée 30 ans plus tard par la théorie de la croissance endogène. Le modèle de Solow ne permet pas d'expliquer l'origine du progrès technique. Dans « Increasing Returns and Long Run Growth » (1986), Romer montre l'importance d'un phénomène cyclique entre la croissance et le progrès technique : ils s'auto-entretiennent. Les brevets ne pouvant pas être parfaitement gardés, le progrès technique produit des externalités qui renforcent la croissance. Dans « On the mechanics of economic development » (1988), Lucas montre que l'accumulation du capital humain est également un facteur endogène de croissance. La puissance publique a donc tout intérêt à investir dans l'éducation et la formation. La croissance peut donc être influencée par les politiques économiques. Enfin dans « A Model of Growth Through Creative Destruction » (1992), Aghion et Howitt montrent que l'innovation d'une entreprise induit des externalités qui favorisent la croissance. Ils mettent cependant en garde contre un rythme trop rapide des innovations car elles rendent les technologies obsolètes ce qui entraine un effet négatif sur la croissance.

Sources :

Données du tableau CIA The World Factbook

https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/

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